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Dissymétrie.

 

Une journée actuelle pour cheminer ensemble, c’est un avant goût de l’enfer. A se côtoyer en frontière – refusée suivant le pointillé – du matin au soir, le jour ou la nuit, en décadence, c’est comme un état de guerre froide, de guerre lasse. Ton opération n’a pu laisser grandir ta féminité dans sa course folle, personne n’y peut rien. Et on laisse couler tristement les jours, sur nous, entre nous.

Très tard, très loin, il y a eu, il y aura l’amour physique, les caresses, la complicité permanente venant de toi pour déclencher toujours plus mes envies pour toi. Toi, si jolie petite femme tu as été, tu seras, si fraîche, si tendre. On en gardera pour demain, pour hier. Au delà de l’amitié conservée, des projets concrétisés, des enfants élevés, on va sauter, rejoindre notre jeunesse à pied-joints, et nos insouciances, nos désirs de l’autre, nos folies.

Il y a l’indifférence stérile à l’amour, la complicité naufragée, l’absence de retrouvailles en câlins coquins scotchés sur l’oreiller. Mais on veut préserver le chemin commun, celui borné de nos photos jaunies. Pas celui des envies et du bonheur physiques, mais celui du serrement de cœur impossible. Pas très loin de l’autisme, pas très loin de mes chaînes, pas très loin de ma corde, où je continue d’étouffer.

Il faut que je trouve un ressort, ou bien un assommoir pour dépasser cet état qui m’endort. Pas très loin de la mort.


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